Eddy CLERTÉ – Champion du Monde de Pump Track
Eddy CLERTÉ - Champion du Monde de Pump Track

Dimanche 17 octobre 2021, Eddy CLERTÉ remporte son premier titre de Champion du Monde.

Le Pump Track, c’est quoi ?

Discipline montante du vélo le Pump Track, c’est un circuit tout terrain fermé qui se caractérise par un enchainement de bosses et de virages sur un sol de terre ou de béton. L’épreuve est chronométrée, le rider qui affiche le meilleur chrono à chaque tour se voit qualifié pour la suite et lors de la finale le meilleur chrono remporte la victoire.

Un rider SUNN qui remporte le titre de Champion du Monde de Pump Track

C’est au Portugal et plus précisément à Lisbonne sur le nouveau Pump Track Parque das Nações que s’est déroulée l’épreuve sponsorisée par Red Bull. Après plusieurs années d’entrainements et de participations sans concrétisation pour notre pilote, Eddy revient encore plus déterminé pour ce championnat. Il enchaine les qualifications et des runs sans erreur ainsi que des chronos qui le place grand favori de cette compétition. Il affiche une concentration et une détermination sans faille. C’est durant cette finale, que notre pilote Eddy CLERTÉ s’est imposé face à son dernier concurrent, l’allemand Philip SHAUB, en affichant un dernier chrono à 26.92 avec une seconde et treize centième d’avance. Au moment de la confirmation de sa victoire, Eddy submergé d’émotions, est parti se jeter dans les bras de ses proches, son père et son frère, tous euphoriques. Nous avons pu interviewer le père d’Eddy et Team Manager, Mickaël CLERTÉ qui a bien voulu évoquer avec nous cette journée de compétition intense physiquement et émotionnellement.

Mickaël CLERTÉ, père et Team Manager

SUNN : Quel était l’état d’esprit au début de la compétition ?

Mickaël : Il était complètement focus et je dirais même qu’il était vraiment confiant. Moi j’avais toujours peur qu’il y ait un grain de sable qui vienne se mettre sur la piste car à chaque fois qu’il a fait des compétitions de Pump Track, il était toujours le plus rapide sur le circuit sauf qu’il n’a jamais réussi à concrétiser.

SUNN : Et vous, sa famille, dans quel état d’esprit vous étiez dès le début de cette compétition ?

Mickaël : Inquiet et ça commence deux/trois jours avant car tu arrives sur l’épreuve et tu vois les premiers essais, les premiers entrainements et tu espères que tout se passe bien et qu’il ne chute pas avant ou qu’il ne se blesse pas avant le début de la compétition. Après tu te rends compte, qu’il va vite dès les essais et même lors de la manche de qualif’, qui se déroule le matin pour donner les plaques de départ pour l’après-midi, une nouvelle fois il fait le meilleur chrono en descendant, le seul, en dessus des 27 secondes. Tu te dis que c’est encore le plus rapide et que maintenant il faut aller au bout. Il ne faut pas se louper, il y a 6 tours complet à faire pour aller au bout de la finale et pour décrocher l’or. Et puis là, ce qui est énorme c’est qu’il a gagné les 6 tours avec les 6 meilleurs chrono de la journée, personne ne l’a battu sur aucun des tours.

SUNN : Dès le début on peut le voir loin de vous, est-ce que c’était une volonté de sa part de ne pas vous avoir dans son champ de vision ?

Mickaël : Oui c’est ça, à des moments il sent qu’il a besoin de ne pas ressentir la pression de son frère ou de moi et oui il préfère s’isoler. Nous de notre côté, on avait prévu de le laisser tranquille et de le laisser dans sa bulle car on sait que quand la compétition démarre il est dans sa bulle et entre les courses il écoute sa musique. Se sont d’ailleurs des musiques très belles, très motivantes et c’est ce qui lui permet d’être dans sa bulle.

SUNN : Lorsqu’il enchaine des chronos parfaits avec un écart important avec ses concurrents, est-ce qu’il y a un moment où vous vous dites que c’est peut-être gagné pour lui ?

Mickaël : Vu les temps serrés qu’impose cette discipline la moindre erreur, une petite bosse mal enroulée ou sautée trop loin, trop court ça te fait directement perdre une seconde ou deux sur le chrono donc tu n’as pas le droit à l’erreur donc jusqu’à la demi-finale où je vois qu’il se qualifie, là je me dis que ça peut être bon pour lui.

SUNN : Lorsqu’il franchit la dernière ligne d’arrivée, à quel moment vous comprenez que c’est gagné pour lui et qu’il est le nouveau Champion du Monde en titre ?

Mickaël : Déjà quand tu vois le run et que tu vois qu’il n’y a pas d’erreur. Tu sais qu’il est rapide et que tu sais que ça a été vite donc on savait qu’en passant la ligne c’était bon pour lui mais évidemment tu attends deux secondes que le chrono s’affiche sur le panneau pour quand même avoir la confirmation jusqu’au bout et puis après voilà c’est la joie ! Les images sont encore un peu dures à regarder tellement l’émotion était présente et est encore présente aujourd’hui, on s’en rappellera !

SUNN : Et au moment où vous le voyez tout lâcher et courir vers vous, que ressentez-vous ?

Mickaël : En fait c’est chaud, tu te rends compte que tu es dans une bulle avec lui et après voilà on craque. Et là rien que d’en reparler tu craques à nouveau et ça m’est arrivé plusieurs fois de pleurer car tu revis le moment sur le retour, dans l’avion et c’est juste incroyable. Et en tant que papa le nombre de messages que j’ai reçu c’était complètement dingue alors lui je n’imagine pas.

SUNN :  Nous le savons tous, il s’est blessé il y a quelques mois. Ce titre doit le rassurer pour le reste de la saison.

Mickaël : Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que pour lui la saison a mal démarré. Il a loupé les deux premières Coupe du Monde de BMX et malgré ça, il s’en est super bien sorti en faisant 3ème au Championnat d’Europe, 3ème à la Coupe d’Europe en étant blessé à la première et donc ça fait déjà deux médailles plus le titre de Champion du Monde en Pump Track donc ça c’est cool et il s’est bien remis de sa blessure, il a travaillé pour car à ce stade-là, il devait se faire opérer et il a fait le choix de ne pas le faire pour continuer sa saison. Et il a bien fait car il remporte le titre de Champion du Monde

SUNN :  Quels sont les prochains objectifs ?

Mickaël : Là il y a la Turquie qui approche, à l’heure actuelle il est déjà là-bas avec Arthur PILARD (qui rappelons-le est en tête du classement de le Coupe du Monde) pour enfin faire des Coupes du Monde cette année puisqu’il a loupé des manches dont deux en Colombie et une en Italie à cause de sa blessure. Son objectif c’est de refaire une finale comme il a fait en 2019 aux USA. L’objectif concrètement est de faire son retour en Coupe du Monde et d’aller chercher un podium. J’espère que ce titre de Champion du Monde en Pump Track va lui apporter, lui servir et le mettre encore plus en confiance pour les prochains objectifs.

SUNN :  Eddy présent pour Paris 2024 ?

Mickaël : C’est son principal objectif et en tant que parent et team manager, c’est tout ce que je lui souhaite. A l’heure actuelle, il fait partie des 6 meilleurs français donc pourquoi pas !

SUNN :  Un dernier mot ?

Mickaël : Persévérance, toujours y croire c’est ce qui ressort toujours chez nous dans la famille et puis ce qui est chouette c’est qu’il soit en forme et qu’il n’y a rien de terminé pour lui ! Pour finir, un grand merci à SUNN qui le suit depuis le début et qui lui a fait confiance depuis le début. Comme il a dit un jour « Moi ce que je veux c’est grandir en même temps que la marque grandit ». Il est là depuis le début, depuis que moi je suis arrivé en 2015. Il a reçu les tous premiers prototypes, il a roulé avec et c’est cool il roule toujours sur la même marque. Je tiens aussi à remercier tous les partenaires qui le suivent depuis un bon moment.

Ce que je veux c’est grandir en même temps que la marque

Eddy Clerté